La Belgique interdit les options binaires, une première en Europe

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Citant un nombre croissant de plaintes de ses citoyens, l’Autorité des marchés et des services financiers de Belgique (FSMA) a décidé d’interdire complètement aux entreprises d’options binaires d’agir dans le pays. Le régulateur financier de Belgique interdit également la proposition de change démultiplié (forex) et des contrats de différence (CFD) aux citoyens ordinaires.

La Belgique est le premier pays européen à interdire la proposition d’options binaires à ses citoyens, et uniquement le troisième pays à le faire, après les Etats-Unis (qui autorise les options binaires uniquement sur des échanges intérieurs régulés) et Israël. L’interdiction a été votée le 8 août et entrera en vigueur le 18 août.

« La régulation s’applique aux contrats dérivés distribués aux consommateurs en Belgique, habituellement depuis l’étranger, via des plate-formes de transaction électroniques », a déclaré le FSMA dans un communiqué de presse.

« Selon les fournisseurs, il existe des produits qui peuvent générer de forts rendements à un moment où les taux d’intérêts sont historiquement bas. En réalité, il existe cependant des produits qui sont vendus agressivement et sont extrêmement risqués, impliquant souvent des transactions sur une très courte période et sans aucun lien avec l’économie réelle. »

Un porte-parole du FSMA a déclaré au Times of Israël que toutes les entreprises d’options binaires, y compris celles qui sont régulées à Chypre, seront interdites d’opérer dans le pays. Les entreprises qui proposent du change démultiplié et des CFD n’auront plus non plus le droit d’approcher des Belges. Le FSMA n’interdit pas toutes les transactions de forex et de CFD mais plutôt celles avec un effet levier, comme les CFD et les contrats dits de rolling spot forex .

Options binaires belgique

Le régulateur financier belge, le FSMA, a interdit les options binaires. (Crédit. autorisation)

« Les entreprises qui proposent des CFD et du forex s’adressent à toutes sortes de personnes, des personnes âgées et des chômeurs qui ne peuvent pas se permettre de perdre leur argent. Quand il y a un effet levier, les gens peuvent perdre beaucoup d’argent », a déclaré le porte-parole. (L’effet levier, proposé par beaucoup d’entreprises de forex au détail, signifie que si un vendeur place 100 dollars, il peut acheter 100 fois cela, soit 10 000 dollars, d’une sorte de monnaie fictive pour le marché. Si le dollar, par exemple, baisse de 1 %, même pour une fraction de seconde, le vendeur peut perdre tout son argent. L’entreprise vend ses positions à perte et les clôturent. Cependant, si le dollar monte de 1 %, le vendeur peut doubler sa mise. Néanmoins les statistiques étant ce qu’elles sont, un client avec un fort effet levier va souvent perdre rapidement).

Un porte-parole du FSMA a déclaré au Times of Israel que la décision, sans précédent en Europe, d’interdire les entreprises étrangères d’options binaires d’approcher ses 11 millions de citoyens, a été prise après un nombre de plaintes croissant reçues par le régulateur belge concernant les entreprises de forex et d’options binaires. En 2014, il a reçu 169 plaintes, en 2015, le nombre a augmenté à 244, et pour la première moitié de 2016, il a reçu 129 plaintes.

Jusqu’à présent, les Belges qui se sont manifestés ont perdu environ six millions d’euros dans la fraude du forex et des options binaires, a déclaré le porte-parole, tout en soulignant que ce chiffre n’est probablement que la partie émergée de l’iceberg.

« C’est un très petit pourcentage du montant que des gens en Belgique ont perdu. »

Dans la France voisine, où la population est six fois plus importante, la police a déclaré que les pertes des citoyens français après des arnaques au forex ou aux options binaires dépassaient les quatre milliards d’euros.

La France a récemment annoncé son projet d’interdire toutes les publicités électroniques, y compris sur internet, à la télévision, et à la radio, pour des produits d’options binaires et de forex. Elle n’a pas encore pris de mesure pour les interdire complètement.

Options binaires belgique

Johan Van Overtveldt, ministre belge des Finances. (Crédit. autorisation)

Expliquant la nouvelle interdiction, le ministre belge des Finances, Johan Van Overtveldt, a déclaré dans un communique que « ces dernières années, nous avons vu une hausse du nombre de propositions étrangères de produits tels que les options binaires, qui ciblent le marché belge sans en avoir l’autorisation et/ou un prospectus publié. Cette régulation aidera à combattre de telles offres. »

Interrogé sur les projets du gouvernement belge pour faire appliquer l’interdiction, suite au fait que le gouvernement américain a interdit un certain type d’options binaires il y a plusieurs années, et que pourtant beaucoup d’entreprises continuent à solliciter des citoyens américains, le porte-parole du FSMA a déclaré que le régulateur emploierait des sanctions administratives, et a cité une affaire de la semaine dernière où le FSMA a conclu un accord avec la firme d’investissements régulée à Chypre Rodeler Limited, qui détient 24Option.

Rodeler a proposé un accord avec le FSMA pour un montant de 140 000 euros pour avoir proposé illégalement des options binaires, du forex et des CFD aux citoyens belges. De plus, Rodeler devra contacter tous ses clients belges pour leur proposer la possibilité de mettre fin à leur contrat et d’être remboursé de leur solde actuel. Possédé par des Israéliens, Rodeler appelle ses clients depuis un centre d’appels en Israël sous le nom Betamedia.

La connexion israélienne

Alors que le FSMA ne souhaite pas s’exprimer officiellement au sujet de la connexion israélienne sur la fraude de forex et des options binaires à ce stade, Shmuel Hauser, le président de l’Autorité des titres israélienne (ATI), a déclaré pendant un entretien avec le Times of Israël la semaine dernière que l’ATI avait été approchée par les autorités de régulation belges l’année dernière à propos d’entreprises d’options binaires opérant depuis le territoire israélien.

Le Times of Israël a détaillé ces derniers mois la fraude massive des entreprises d’options binaires israéliennes, en commençant en mars par un article intitulé « Les loups de Tel Aviv ». Les firmes frauduleuses prétendent guider leurs clients pour des investissements lucratifs à court terme, mais utilisent en réalité différentes ruses, dont la désinformation, la manipulation de plate-formes de transactions truquées et le refus direct de rendre les dépôts d’argent, pour simplement voler l’argent de leurs clients.

Il y a plus de 200 marques opérant en Israël, employant des milliers d’Israéliens, et escroquant leurs clients de plusieurs milliards de dollars par an. L’ATI a à présent interdit à toutes les entreprises d’options binaires de cibler des Israéliens, mais elles restent libres de démarcher des clients à l’étranger.

L’année dernière, le FSMA a publié des avertissements concernant d’autres entreprises d’options binaires qui agissent en Israël, dont CentralOption, PWRTrade, Tradesolid, et RBoptions.

Interrogé pour savoir comment les victimes d’options binaires pourront récupérer leur argent sans tomber dans le piège des entreprises de « recouvrement de pertes » frauduleuses qui les arnaquent une deuxième fois, le porte-parole belge a répondu que « nous n’avons pas de juridiction légale pour aider les victimes à recouvrer leurs pertes, mais elles peuvent porter plainte auprès de la police en Belgique. Nous référons aussi les victimes à Cysec [l’autorité de régulation chypriote] et au médiateur financier de Chypre. »

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